> Mai 2000, One.Tel lance son forfait illimité
Cette offre, baptisée le "Paradis des Surfeurs", s'adressait
à tous les 'accrocs du web'. Cette offre était conditionnée:
choisir Onetel en présélection comme opérateur téléphonique
pour tous les appels nationaux et internationaux . Un accès via numéris
à 64 Kbps sera également proposé. Le forfait illimité
est facturé 149 F / mois. L'opérateur propose également
un service d'accès Internet en libre accès facturé 0,14
F TTC / min quelque soit l'heure.
> Juin 2000, OneTelNet connaît de premiers déboires
Le tarif attractif proposé par One.Tel a drainé de nombreux internautes.
Victoire pour le FAI ? Hélas, des problèmes sont apparus au cours
des jours suivant le lancement de l'offre, provoquant la déception des
surfeurs. D'après l'ADIM (Association Des Internautes Médiateurs),
qui a interrogé les responsables de la société, OneTelNet
a travaillé à la résolution des divers problèmes.
Aucune date n'a pu être donnée quant à la résolution
effective de ces derniers.
La saturation du service client ont rendu les clients de l'opérateur
très mécontents, alimentant les forums de discussion : du marketing
viral dont l'opérateur se serait bien passé.
Autre point noir : les utilisateurs du forfait souffraient de déconnexions
toutes les 3 heures, les coupant en plein surf. D'après One.Tel, il s'agissait
de déconnexions volontaires de leur part afin d'assurer un " garde-fou
" face à une utilisation abusive de la part de certains abonnés.
La société aurait mis terme à cette déconnexion
automatique le 14 Juin 2000.
> Juillet 2000, One.Tel coupe l'accès à certains internautes
One.Tel ferme le robinet et 3000 clients (au minimum d'après les chiffres
circulant dans les mailing listes) sont déconnectés sans préavis.
Le FAI décide de ne plus commercialiser son offre. Les critiques pleuvent.
C'est le début de la confrontation avec les utilisateurs. Ceux-ci s'organisent
pour protester.
> Août 2000, One.Tel modifie ses Conditions Générales
de Vente
Les abonnés apprennent par e-mail la modification unilatérale
de leurs contrats. OneTelNet y annonce qu'il limite le transfert de données
depuis le réseau vers l'ordinateur à 200 Mo par mois (le download),
le mégaoctet supplémentaire étant facturé 1,80 F
TTC. Une modification substantielle, qui remet sérieusement en cause
le principal attrait de l'offre. Pour une personne jouant en réseau,
cela représente 20h de connexion. Les internautes sont mécontents
et l'ADIM (Association des Internautes Médiateurs) tente une médiation.
> Fin août 2000, les factures One.Tel effraient les clients
Les premières factures commencent à tomber. C'est le coup de
massue pour certains abonnés qui, au lieu des 3 x 149 F, voient leurs
factures atteindre plusieurs milliers de Francs avec un pic à 11 000
F. OneTel leur facturant les connexions à 14cts la minute, faute d'avoir
reçu le mandat de présélection. L'ADIM , n'arrivant à
trouver un terrain d'entente avec OneTel, engage une assignation en référé
contre le FAI.
La commercialisation du forfait aux nouveaux clients sera stoppée quelques
jours plus tard.
> Octobre 2000, fin du paradis des surfeurs
One.Tel informe ses clients de la fin de l'offre le 16 novembre 2000 et propose
en échange de passer à la formule sans abonnement à 14
cts la minute. L'information est transmise par mail, sans valeur juridique.
Certains clients le reçoivent, d'autres pas. Les protestations se font
sans réponse de l'opérateur. Les forums de discussion regorgent
de messages de mécontentement. Certains clients menacent l'opérateur
d'intenter une action en justice.
> Mai 2001, One.Tel rencontre des problèmes de financement
One.tel doit remplacer ses dirigeants : les deux fondateurs, Jodee Rich et
Brad Keeling viennent d'être remerciés par les investisseurs. La
société mère va financièrement mal.
En dépit de ses 178 000 abonnés en France, One.tel subit de plein
fouet les problèmes de trésorerie de sa société
mère. L'opérateur vient d'annoncer qu'il ne pourra pas dégager
les 295 millions de F de liquidité prévus pour fin juin.
Malgré 3 millions de clients dans le monde, One.Tel voit son avenir compromis
en France et dans les autres pays.
> One.Tel condamné par l'un de ses clients
Les abonnés mécontents réagissent : les factures ne sont
pas payées, certains attaquent One.tel en justice pour publicité
mensongère, d'autres contactent l'ADIM (Association des Internautes Médiateurs)…
One.Tel est prise dans un cercle vicieux, néfaste à son image
de marque.
L'un d'entre eux, Xavier Guillot, a personnellement attaqué le provider
il y a quelques mois. Le tribunal de Lyon lui a donné raison en condamnant
One.Tel à 2000 F pour non-respect de l'article 700 du Code Civil, et
5000 F à titre de dommages et intérêts… soit 7000 F
au total qui lui permettront tout juste de rembourser ses frais d'avocat.Comme
nous l'explique Xavier, cette attaque de l'opérateur n'a pas été
effectuée pour l'argent mais seulement pour le principe.
Le paradis de One.Tel s'est transformé en un véritable cauchemar.
Selon nos sources, One.Tel réclame encore des factures impayées
aux anciens clients de OneTelNet.
> Juin 2001, One.Tel se veut rassurant
3 millions de clients dans le monde dépendent des services de l'opérateur.
Ce dernier nous a transmis un communiqué quant à la poursuite
de son activité. Le tribunal de Nanterre a accepté que l'opérateur
continue à fournir ses services auprès de 450 000 clients français.
La saga One.Tel continue… A quand le prochain épisode ? Un rachat
semble être la seule issue possible. Pourtant, à ce jour, aucun
groupe n'a manifesté de l'intérêt pour l'opérateur
Australien.
> Juillet 2001, One.Tel ne paye pas ses dettes
Xavier Guillot ayant gagné son procès contre l'opérateur
attend toujours son chèque de 7000 F : "J'attends toujours mon
chèque suite au jugement du Tribunal de Lyon. En effet, je reçois
de nombreuses infos contradictoires : le chèque aurait été
signé par leur DG M. Rouilleault selon leur avocat, mais OneTel étant
en redressement judiciaire, il faudrait l'accord de l'administrateur judiciaire
pour délivrer le paiement. Or, jusqu'à la semaine dernière
et mes relances énergiques, personne chez OneTel ou leurs défendeurs
n'avait pris la peine de faire parvenir copie du jugement à l'administrateur...
Par ailleurs, selon les recherches de mon avocat, le redressement judiciaire
de OneTel ne serait pas mentionné sur InfoGreffes au Tribunal de Nanterre
!
Mais, on continue depuis 1 mois de me promettre que OneTel, en cessation
de paiement, va m'expédier mon règlement rapidement. Seulement
je ne vois rien venir ! Et pourtant, ils disent vouloir en finir avec cette
histoire et redoutent que la presse reparle d'eux en mal, au moment où
ils cherchent désespérément un repreneur".
> Fin Juillet 2001, fin de la saga One.Tel
Victime de ses problèmes techniques, One.Tel attend désormais
un repreneur.
L'opérateur se fait silencieux : les campagnes de communication sont
absentes et les offres sont de plus en plus discrètes. L'avenir de One.Tel
se jouera dans les semaines à venir.
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